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La sélection de Livresse propose principalement des livres à thématique LGBT mais pas seulement. Les signes suivants vous renseigneront:
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Carole Roussopoulos : "Caméra militante : luttes de libération des années 1970"; MétisPresses, SFr. 54.00
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David Dibilio : "Planète rose : carnets de voyage" ; La Musardine, SFr. 23.00
Petit avant-goût de vacances avec ce carnet de voyage « gay » un peu hybride qui mélange anecdotes, rencontres et bonnes adresses. En passant par Rio de Janeiro, Zagreb, Stockholm ou Moscou, le narrateur s’attelle à dénicher des lieus en marges des autoroutes commerciales et nous commente avec légèreté et humour ses découvertes locales, tout aussi masculine que variées ! Et comme le précise très justement l’auteur en introduction « ce guide s’adresse à ceux qui à l’exclusivement gay préfèreront le gay friendly, et à ceux qui pensent qu’un bar sympa est avant tout sympa avant d’être gay ».
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Tom Wolfe : "Embuscade à Fort Bragg" ; Robert Laffont, SFr. 14.50
Fort Bragg, situé en Caroline du nord, abrite le plus grand camp d’entrainement militaire du monde. Autant dire que la testostérone et le manque de neurones rivalisent avec le mauvais goût et la grossièreté. C’est dans ce charmant contexte qu’un jeune GI homosexuel va payer pour ce penchant en se faisant brutalement assassiné par ses « camarades ». Il suffit pourtant qu’une équipe de TV-réalité s’en mêle et l’affaire vire au cauchemar pour les assassins. Avec ce court roman, le grand Tom Wolf nous livre une critique au vitriol des mass médias et de surcroit ne rate pas une occasion de conspuer toutes les formes de bêtise !
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Julie Maroh : "Le bleu est une couleur chaude" ; Glénat, SFr. 30.50
La vie de Clémentine, adolescente, bascule le jour où elle rencontre Emma, jeune lesbienne aux cheveux bleus, bien dans sa peau, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et lui permettra d’affronter le regard des autres. Avec beaucoup de finesse et de sensibilité, tant au niveau du texte que des dessins, l’auteure nous raconte l’histoire d’une jeune fille qui découvre son homosexualité, les peurs que cela engendre, les réactions que cela suscite dans un entourage proche, mais surtout dépeint l’émerveillement d’un amour partagé !
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Afdhere Jama : "Citoyens interdits : les minorités sexuelles dans les pays musulmans" ; H&O, SFr. 31.90
Au travers de ce recueil de témoignages, Afdhere Jama, journaliste et éditeur de « Huriyah » - magasine gay musulman distribué dans dix-neuf pays arabophones - nous fait découvrir les destins des musulmans et musulmanes queers obligé-e-s pour la plupart de vivre clandestinement leurs amours. De l’Afrique à l’Asie en passant par le Moyen-Orient, ces voix qui nous parlent, en toute simplicité, nous rappelle à quel point il est encore et toujours important de lutter pour une intégration et une reconnaissance de l’homosexualité à travers le monde, quelque soit la culture ou la religion.

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James Canon : "Dans la ville des veuves intrépides" ; Livre de poche, SFr. 16.70
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Cui Zi’en : "Lèvres pêches" ; Gallimard, coll. Bleu de Chine, SFr. 41.30
Suite de monologues intérieurs, ce roman raconte la terrible histoire d’un père qui après avoir découvert l’homosexualité de son fils le châtre de sang-froid au bistouri. Quand on sait que l’homosexualité en Chine est encore punie de 5 ans de prison, on a peu de peine à imaginer que ce livre n’a jamais été publié dans son pays. Texte sensible et puissant, entre conte initiatique et philosophique, un nouveau Pasolini à la mode orientale est né.
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Emmanuelle Bayamack-Tam : "Princesse de. ", P.O.L, SFr. 36.30
Héroïnomane, ex-anorexique, fétichiste, princesse de nuit…à 25 ans, Daniel a déjà une sérieuse propension aux « vices » en tout genre. Et Daniel a beau être un homme, il est femme depuis toujours. Emmanuelle Bayamack-Tam esquisse ici le portrait d’un jeune homme conscient de son inaptitude à vivre comme tout le monde et fatigué de jouer au jeu de la duplicité, surtout face une mère pour laquelle il voue une adoration sans borne. D’une somme de clichés, l’auteure donne corps au mtf (male-to-female) le plus authentique qui soit. L’âpreté de sa plume, la brutalité des mots et le réalisme des descriptions font de ce roman un récit quelque peu incisif, mais dans lequel la trivialité ambiante donne naissance à une déconcertante poésie.
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Philippe Castetbon : "Les condamnés : dans mon pays ma sexualité est un crime" ; H&O, SFr. 31.90
« Condamnés à la terreur, condamnés au mensonge et à l’humiliation, condamnés à l’exclusion, condamnés à la prison et aux violences, condamnés à la fuite ou la mort ». Recueil de portraits d’hommes - obtenu uniquement par le biais d’internet -, accompagnés de courts témoignages et de lois en vigueur dans un peu plus de 80 pays qui condamnent l’homosexualité, cet ouvrage est un vibrant hommage à toutes les personnes qui vivent leur sexualité dans la peur et la souffrance.
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Lucia Puenzo : "L’enfant poisson" ; Stock La Cosmopolite, SFr. 37.10
Peu connue comme auteure (c’est là son premier roman traduit en français) sa notoriété c’est plutôt bâtie sur le deuxième film qu’elle a réalisé : XXY traitant de l’hermaphrodisme et sur son dernier long-métrage directement sorti de ce livre. Deux filles que tout sépare, la petite bourgeoise et sa bonne, s’aime à la vie à la mort et c’est peu dire quand cela débouche sur un meurtre, la fuite et la prison. Histoire cruelle et sensuelle empreinte d’un certain réalisme-magique propre à l’Amérique latine, elle ne cesse de surprendre et l’on salue avec enthousiasme l’audace de cette jeune créatrice venue d’Argentine.
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Scotto / Tallec : "Jérôme par cœur" ; Actes Sud junior, SFr. 27.00
Véritable petit bijou, tant au niveau des illustrations que le par le propos subtilement traité, cet album raconte l’amour simple, innocent et total que se partage Raphaël et Jérôme, petits garçons de 6 ans. Il serait réducteur de dire que c’est un album sur l’homosexualité, tant il pousse plus loin la réflexion en nous invitant à sortir des cases que les adultes imposent déjà aux enfants. Et quand Jérôme dit : « J’ai oublié papa et maman. J’ai pensé à Jérôme par cœur, et bien sur que oui Raphaël aime Jérôme : je le dis c’est très facile. », l’on se prend à rêver avec eux d’un monde aussi pur et sans tabou !
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Susan Sontag : "Renaître : journaux et carnets : 1947-1963" ; Christian Bourgois, SFr. 44.50
De son vivant, elle ne les publia pas. A sa mort, aucune instruction quant à l’usage à en faire ne fut trouvée. Ainsi, « Renaître », premier tome d’une sélection en trois volumes des journaux de Susan Sontag n’est pas le livre qu’elle aurait elle-même produit (en supposant qu’elle ait eu l’intention de publier ses journaux), mais le fait d’une décision de son fils, David. L’apprentissage intellectuel et sentimental qu’on voit à l’œuvre au fil des pages de ce journal a effectivement quelque chose d’une renaissance, d’une volonté de dépassement et d’une construction de soi, déterminée, follement ambitieuse. Laquelle passe par l’accumulation de lectures, expériences esthétiques, engagement dans la vie concrète : homosexualité, mariage, maternité précoce…Très bel autoportrait kaléidoscopique d’une toute grande figure intellectuelle de notre temps !

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Luca de Santis & Sara Colaone : "En Italie, il n’y a que des vrais hommes" ; Dargaud, SFr. 28.80
Sous le fascisme, aucune loi nationale ne fut promulguée à l’encontre de l’homosexualité puisque, en réalité, elle était censée ne pas exister. En réalité, les homosexuels (presque exclusivement des hommes, mais la page concernant les femmes est tout aussi importante) furent déportés et confinés sur de petites îles du sud de l’Italie…Dans ce récit graphique, deux journalistes rencontrent Ninella, survivant de cette époque. La relation qui se noue entre les trois hommes et le témoignage de Ninella, en flash-back, forme un album à la fois dur, pudique, très touchant et non dénué d’humour.
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Pieter Aspe : "Le carré de la vengeance" ; Livre de Poche, SFr. 14.30
Cambriolage, enlèvements d’enfants, magouille politique, secrets de familles, le tout mêlé à un mystérieux « ordre des templiers », voilà qui fait beaucoup pour la paisible petite ville de Bruges. C’est évidemment sans compter sur le commissaire Van Inn, sympathique ronchon, son collègue Versavel, gay à l’homosexualité parfaitement revendiquée et Hannelore, la brillante substitut du procureur. Un polar bien ficelé, quoiqu’un peu classique.
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Gérard Oberlé : "Mémoires de Marc-Antoine Muret" ; Grasset, SFr. 38.60
En entrant dans la peau de Marc-Antoine Muret, Gérard Oberlé nous propose un merveilleux voyage historique où Epicure est maître. « Le plaisir était mon idéal, jouir était ma loi ». Ainsi Muret définissait-il sa vie…Entre élégance du style et jargon coquillard, bacchanales et rites phalliques, la liberté grivoise et l’érudition vive de ces mémoires sont contagieuses. Cette biographie romancée nous fait revivre le destin de Muret à travers les trois piliers de son existence : l’enseignement, l’homosexualité et l’amour de l’Antiquité Classique. Figure peu connue des lettres françaises, il fut pourtant un professeur et un orateur de renommée européenne, et ses classes furent aussi bien fréquentées par des têtes couronnées que par de brillants élèves tels que Jodelle ou Montaigne. Cependant, du fait de son orientation sexuelle et pour échapper au bûcher, Muret fut vite contraint de fuir une France inquisitrice pour rejoindre une Italie plus clémente. Au travers de ce récit, Oberlé nous plonge avec truculence dans un Paris gaillard et fripon où les arrières boutiques et carrières souterraines deviennent le théâtre de véritables bacchanales orgiaques. Un roman admirable, beaucoup plus moderne qu’il n’y paraît !
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Camille Paglia : "Vamps et tramps" ; Denoël, SFr. 60.00
Attention tornade : une première traduction de Camille Paglia, pourfendeuse de toute forme d’establishment, est enfin disponible. « Electron libre du féminisme Américain », adulée ou critiquée pour ses positions iconoclastes et in-politiquement correct, elle défend sans concession son radicalisme pro-pornographie, pro-avortement et pro-prostitution, un peu à la façon d’une Virgine Despentes à la française, une touche d’académisme en plus.
Dans « Vamps et tramps », recueil d’essais, elle nous interroge sur une foule de sujets, tel que le sectarisme des mouvements féministes ou LGBT, le viol, la censure, le travestisme, tout en digressant sur Woody Allen ou Madonna. Bref, à mettre à côté de vos classiques « queer » pour secouer un peu les rayonnages de vos bibliothèques !
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Brigitte Grésy : "Petit traité contre le sexisme ordinaire" ; Albin Michel, SFr. 30.80
« Le sexisme ordinaire, ce sont des stéréotypes et des représentations collectives qui se traduisent par des mots, des gestes, des comportements ou des actes qui excluent, marginalisent ou infériorisent les femmes ». L’auteure nous livre ici, non sans un certain humour, un petit traité relatant d’un part diverses expériences de femmes confrontées au sexisme ordinaire et, d’autre part, proposant des outils pour se sortir des ces situations toxiques. Instructif ! On regrettera peut-être le parti pris (même si justifié) de ne donner que des exemples issus du milieu professionnel.
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Ricard & James : …à la folie ; Futuropolis, SFr. 39.10
La violence conjugale, l’oppression sur la longueur, le tunnel de coups et de bleus dont on sort pour mieux y rentrer…un sujet complexe que ce duo de « bédéistes » a su traiter avec brio, intelligence et subtilité.
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Anne B. Ragde : "Terre des mensonges" ; Balland, SFr. 44.90
Ce premier tome d’une trilogie dresse un portrait tendre et humain d’une fratrie que tout sépare et qui se trouve réunie dans la ferme familiale suite à la mort de la mère. L’aîné, Tor, élève des porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres, et le cadet, Erlend, décorateur à Copenhague, vit avec son compagnon dans un appartement confortable
On suit alors les souvenirs qui remontent, les vies qui se révèlent et les relations qui se nouent ou se renouent… Jusqu’à cette révélation inattendue le soir de Noël quant aux liens qui les unissent tous. Traduit dans plus de 20 langues, best-seller en Norvège, cette Saga familiale nous plonge au cœur des secrets et des drames avec simplicité et sincérité.

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Simon Blackburn : "Eloge du désir sexuel" ; Ed. Markus Haller, SFr. 33.90
« Aussi larges d'esprit que nous nous concevions, la luxure a mauvaise presse. C'est l'empêcheur de tourner en rond, le vilain petit canard de la famille, le cousin mal élevé et sans avenir de parents remarquables comme l'amour et l'amitié. La luxure vit du mauvais côté des routes ; jouant grossièrement des coudes, elle se fraie un chemin trop profond dans nos vies ; et elle rougit quand elle croise du monde. » D’où vient cette méfiance, cette condamnation? D’où vient, globalement, ce souci du sexe? A la différence de Michel Foucault, Simon Blackburn, n’entend pas répondre à cette question. Loin des grandes hypothèses théoriques sur les liens entre sexualité, discours et pouvoir, l’auteur furète, sans esprit de système, dans la littérature consacrée au plaisir sexuel. Essai délicieux qui se lit comme un dialogue critique avec les penseurs du passé et les théoriciens du présent, à ne pas manquer !
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Hense/Green : "Marre du rose" ; Albin Michel Jeunesse, SFr. 22.60
L’histoire très simple d’une petite fille à qui « le rose lui sort par les yeux » ! Une petite fille qui aime les grues et qui n’a peur de rien dont les copains de classe aiment habiller leurs poupées et peignent des fleurs. Malgré les préjugés qui l’entoure, elle entend bien ne pas se laisser faire et revendique haut et fort ses préférences. Un livre radical et essentiel !
Dès 3 ans.
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Andrew Sean Greer : "Histoire d'un mariage" ; L'Olivier, SFr. 42.50
Nous sommes dans L’Amérique d’après-guerre, raciste, homophobe, anti-communiste et surtout rongée par les stigmates de la guerre.
Pearlie et Holland forment un couple modèle. Installés dans une belle maison en bord de mer, la vie s’étend paisiblement et banalement jusqu’à l’irruption de Charles Drummer. Ce dernier est l’ancien amant de Holland avec qui il a partagé une chambre pendant la guerre, mais qu’il n’a pas revu depuis cette époque.
A partir de ce moment, leur soi-disant relation idyllique bascule : « le revenant » propose un marché de dupe à la femme afin de récupérer sa liaison avec son ancien amour.
Jusqu’aux dernières pages, l’auteur réussi à nous tenir en haleine quant au dénouement de ce douteux arrangement, mais malheureusement c’est à peu près la seule chose qui nous retient dans cette lecture. Les bonnes intentions ne manquent pas pour décrire le manque de communication, les faux-semblants, les ravages de la guerre, mais le ton, le style et les clichés qui l’entourent, plombent injustement ce récit qui en devient tout juste invraisemblable.
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Joyce Carol Oates : "Sexy" ; Gallimard, SFr. 12.60
Darren est un lycéen de 16 ans très séduisant. Sa beauté lui attire les faveurs de son professeur d'anglais, M. Tracy, qui le surnote. Ce dernier lui fait même des avances tout en retenue, mais se rétracte devant le trouble du garçon. Darren est choqué et toutes ses certitudes s’écroulent. Le jour où par la faute de M. Tracy, un des élèves est renvoyé de l'équipe de natation, les amis de Darren décident de se venger et envoient un courrier anonyme au directeur du lycée accusant le professeur de pédophilie.
Une réussite totale que ce roman qui progresse comme une lame dans la psychologie populacière. Joyce Carol Oates explore, avec son inégalable justesse, la quête identitaire d’un jeune dans un monde où il n’a plus de repères, face à une société pleine de préjugés. On retrouve ici la modernité et l’efficacité de style de cette grande auteure américaine.

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Rachel P. Maines : Technologies de l’orgasme : le vibromasseur, l’hystérie et la satisfaction sexuelle des femmes" ; Payot, SFr. 40.50
L'histoire du vibromasseur est intimement liée à celle de la médecine. Bien peu de gens savent qu’il a en effet été crée pour traiter l'hystérie féminine par l'orgasme. L'avènement de l'électricité a permis sa diffusion dans les cabinets médicaux, puis dans les foyers, d'abord pour des raisons médicales, ensuite pour une finalité plus récréative.
Sans verser dans les facilités auxquelles un tel sujet aurait pu donner lieu, l’auteure y mêle érudition et humour. A la charnière de l’histoire des femmes, de la médecine et des technologies, son livre montre comment le vibromasseur représente à la fois le symptôme de l’hégémonie masculine et le meilleur instrument pour la subvertir. Inventé par ceux-là mêmes qui voulaient ignorer le clitoris, il a fini par en symboliser la souveraineté, jusqu’à nourrir le pire cauchemar des gardiens du modèle androcentrique.
Paru en 1999, enfin traduit en français, ce livre est une référence incontournable !
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Sara Stridsberg : "La faculté des rêves" ; Stock, SFr. 46.60
Pour son deuxième roman, cette jeune écrivaine suédoise, s'est saisie de la figure culte de Valerie Solanas, l'auteure d'un des textes les plus radicaux de l'histoire du féminisme, le fameux SCUM Manifesto, pamphlet virulent d’une femme en colère qui prône l’élimination du genre masculin. Elle se rendit par ailleurs célèbre pour avoir tenté d’assassiner Andy Wharol en 1968. Elle mourra 20 ans plus tard dans une chambre d’hôtel miteuse seule et déchue, après de nombreux séjours en hôpitaux psychiatriques.
L’auteure se livre à une exploration des différents types de narration, livrant ainsi au lecteur un ensemble de pièces pour qu’il reconstitue le puzzle de ces vies tourmentées. L’écriture est dure, très crue, mais aussi poétique et sensible. Elle réussit à nous faire pénétrer l'esprit tortueux de Valerie Solanas, dans une fiction délirante et jubilatoire.
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Colette : "Lettres à Missy" ; Flammarion, SFr. 44.90
Ce livre présente les lettres inédites de Colette à la Marquise de Morny, dont la liaison scandalisa la Belle Epoque. Elle se faisait appeler «Max» ou «Oncle Max». Elle s'habillait en costume trois pièces, portait les cheveux courts sous le haut-de-forme et fumait le cigare. Elle fut sans doute la femme la plus conspuée et insultée de la Belle Epoque, qui tolérait les amours saphiques mais condamnait le travestissement. A la fin de sa vie, après avoir subi une hystérectomie et l'ablation des seins, elle ressemblait à un vieux monsieur désemparé. Elle se suicida le 29 juin 1944. Elle, c'était Mathilde de Morny, Missy, pour les intimes, Missy, amante de Colette au début des années 1900. Trouvée par le collectionneur Michel Rémy-Bieth, la correspondance des années amoureuses (1907-1911) n'est guère passionnante et plutôt répétitive: elle rappelle seulement que Colette connut un grand succès en scène et remplissait les théâtres. Beaucoup plus émouvantes, en revanche, sont les lettres plus tardives (1931-1940). Vingt ans ont passé. Ruinée, terrassée par des crises d'urticaire et de désespoir, Missy vieillit mal et seule. Depuis La Treille Muscate, sa maison de Saint-Tropez, Colette s'ingénie à dérider son amie d'autrefois, à contrarier sa mélancolie. C'est la Colette qu'on aime, si douée pour décrire, en une phrase étincelante, les vrilles de la vigne ou la naissance du jour. Manque seulement la part ombreuse de ce paradis méridional: les lettres de l'inconsolée Missy.
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Oscar Wilde : "Teleny" ; La Musardine (lectures amoureuses), SFr. 18.20
Probablement écrit à plusieurs mains, ce récit érotique attribué à Oscar Wilde dévoile clairement son homosexualité et annonce aussi bien le pressentiment de sa déchéance après son procès. Cette histoire d’amour passionnée et tragique entre deux jeunes gens défie la terrible pesanteur de la morale de l’époque en sortant de la culpabilité ou du pêché. Les scènes charnelles sont d’une crudité absolue et bien que le romantisme qui entoure le récit soit un peu obsolète, le texte reste à découvrir.
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Tran-Nhut : "L’esprit de la renarde" ; Picquier poche, SFr. 17.80
En ouvrant ce livre au parfum de jasmin, vous prenez un ticket pour un voyage vers le
Vietnam magique du XVIIe siècle, où un jeune mandarin, Tân, grand amateur de femmes, expert de ses poings et gros mangeur, aide son ami lettré Dinh, homosexuel (?), cultivé, individualiste et délicat à sortir d’un mauvais pas… Un régal : les polars historiques de cette délicate romancière grouillent de précieux détails, d’anecdotes ou de légendes qui donnent à ses enquêtes un exotisme fou. Dépaysement total garanti !

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Anne Percin : "L’âge d’ange" ; L'Ecole des loisirs, SFr. 14.80
« Grâce à lui, j’ai refusé de me laisser enfermer dans un genre, dans un milieu ». Ainsi se termine le récit de la narratrice, jeune fille de bonne famille qui rencontre dans son lycée huppé un fils d’immigrés polonais issu des banlieues, dont elle tombe amoureuse… mais qui lui aime les garçons… Récit grave et poignant qui dénonce indistinctement les injustices sociales, l’homophobie, la violence et l’intolérance. Dès 13 ans.
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Martine Gross : "L’homoparentalité" ; Le cavalier bleu, SFr. 18.80
Après avoir traité du sujet « des lesbiennes » et « des homosexuels », cette petite collection qui secoue les préjugés s’attaque à présent à celui de l’homoparentalité. L’auteur spécialiste du sujet pose des bases pour mieux comprendre ce thème ou justement lutter contre des idées reçues au travers d’ une quinzaine de questions, tels que : « Les lesbiennes détestent les hommes. Elles ne pourront pas élever un enfant » ou encore « Les enfants ne feront pas leur Oedipe ». Un livre simple, mais à mettre entre toutes les mains de ceux qui doutent encore que deux personnes du même sexe puissent élever un enfant !

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Jonathan Coe : "La pluie, avant qu’elle tombe" ; Gallimard, SFr. 39.40
Dernier opus de Jonathan Coe, ce roman se différencie nettement des précédents dans la mesure où il se veut plus intimiste que ces prédécesseurs. Si l’auteur délaisse la critique politique teintée d’ironie toute britannique, c’est pour mieux nous mener vers un roman plus sombre et plus mélancolique, plus centré aussi sur une même thématique et une même tonalité. « La Pluie, avant qu'elle tombe » est l’histoire de trois générations de femmes, racontée par Rosamond, qui s’en est allée en laissant au préalable une confession enregistrée adressée à Imogen, perdue de vue depuis des années. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, qu’elle commente, elle laisse libre cours à ses souvenirs et lui raconte la vie des deux femmes qui l’ont précédée, la sienne aussi, par la force des choses. Roman magnifique et magistralement construit, d’une plume élégante et sensible, à lire de toute urgence, si ce n’est déjà fait…

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Ananda Devi : "Indian Tango" ; Gallimard Folio, SFr. 12.60
Roman de la transgression, pamphlet féministe et long poème sur la découverte de la sensualité, Indian Tango offre un récit onirique au cœur de New Delhi. Chassé-croisé amoureux entre 2 femmes qui se rencontrent devant un magasin de sitar : l’écrivaine homosexuelle occidentale et l’indienne proche de la cinquantaine enfermée dans l’hypocrisie du système patriarcal. Une voix pour raconter l’envie de réveiller ses désirs, de retrouver l’éclat du corps, de faire bifurquer l’être aimé. L’autre pour raconter l’envie de hurler quand on ne se sent qu’un mécanisme programmé à demeure et que l’on entend enfin les vibrations de son corps.
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Gyles Brandreth : "Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles" ; 10/18, SFr. 15.50
Oscar Wilde en Sherlock Holmes et le narrateur en Docteur Watson, voilà ce que nous propose l’auteur de ce roman policier. Wilde découvre le cadavre dans une maison à Londres d'un adolescent de sa connaissance. Celui-ci a été égorgé et déposé, nu, dans un cercle de bougies. S’agit-il d’un meurtre rituel ? Oscar décide donc de mener l’enquête. Une intrigue surprenante qui respecte à la fois l'image de l'écrivain dandy, l'esprit victorien et les règles du genre. On aurait juste apprécié un peu plus d’originalité !

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Kiriko Nananan : "Blue"; Casterman écritures, SFr. 26.30
Par un récit très intimiste, des traits simples et épurés propre au manga, Kiriko Naranan explore une fois de plus les différents univers de la sexualité féminine. Blue aborde le thème de la découverte de l’amour sapphique dans un lycée japonais. Avec peu de mots et une sensibilité à fleur de peau, elle évoque les premiers émois, les tourments, la douleur de cette rencontre entre deux jeunes filles. A partir d’une histoire qui semble ne concerner que les adolescentes, c’est plus généralement la place de la femme et de la sexualité dans la société dont il est question dans Blue.
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George Plimpton : "Truman Capote" ; Arléa, SFr. 50.00
Personnage scandaleux, extravagant, prince déchu de la jet-set new-yorkaise finissant sa vie dans l’alcool et les drogues, Truman Capote gagna la célébrité avec l’invention du roman-vérité en publiant le livre « De sang-froid ».
Georges Plimpton, qui a fort bien connu Truman Capote, nous livre une biographie originale, puisqu’il s’agit uniquement de témoignages livrés de première main par des personnages qui ont côtoyé de près l’écrivain, notamment celle de Jack Dunphy, son compagnon de toute une vie. Un complément à l’excellente biographie de Gerlad clarke.
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Claude Esturgie : «Le genre en question ou questions de genre» ; Ed. Léo Scheer, SFr. 30.60
Plutôt qu’un nouvel ouvrage sur les théories de genre, il faut voir ce livre comme une sorte d’état des lieux ou de résumé, qui, il faut bien le dire, tombe un peu souvent dans le « lieu commun ». L’auteur cite beaucoup et si l’on n’a aucune idée sur la question on y trouve réunis les principaux penseurs. L’atout principal est peut-être de consacrer un grand chapitre à Pierre Molinier, artiste un peu oublié et connu pour ses autoportraits travestis et fétichistes.

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Denis Lachaud : «Le vrai est au coffre» ; Actes Sud, coll. Babel, SFr. 13.40
Habitant la banlieue parisienne, Tom, un enfant de cinq ans, est rejeté par les enfants de l’école qui le traite de tapette. Au fil des années, Tom se réfugie dans l’imaginaire. Auprès de Véronique, son amie, il se sent en sécurité. Mais à huit ans, sa vie bascule, les garçons de sa classe lui font payer sa différence. L’auteur aborde ici le thème du choix identitaire dans ce qu’il peut avoir de plus ambigu. Pur, drôle et tragique, ce récit touche et bouleverse. Au lecteur de reconstituer l'histoire, de trouver la sortie du labyrinthe identitaire qui enserre Tom.
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Gilles Barbedette / Michel Carassou : «Paris gay 1925» ; Editions Non-Lieu, SFr. 70.50
1925, les Années folles : Paris était alors une grande capitale homosexuelle. Bars interlopes, clubs privés, bals dansants et caves enfumées, les lieux se multiplient et rencontrent un extraordinaire succès. Avec de nombreuses informations sur l’époque, agrémentées de photographies et d’interviews, ce beau livre nous offre une incontournable ballade nostalgique…

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Joanna Hellgren : «Frances : épisode 1» ; Editions Chambourakis, SFr. 32.80
Au travers du destin d’Ada, adoptée très tôt par sa tante célibataire, nous débutons une chronique familiale douce-amère située en Suède dans les années 30.
Tout en délicatesse, avec un subtil trait de crayon gris qui rend admirablement compte des émotions, cette bande dessinée d’une jeune auteure, est largement marquée par des thèmes féminins : poids des conventions, pression sociale, femmes entre elles et difficulté d’affirmer ses choix.
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Isabelle Bourbon-Parme/Elisabeth Badinter (ed.) : «Lettres à l'archiduchesse Marie-Christine : 1760-1768 : Je meurs d'amour pour toi...» ; Ed. Tallandier, SFr. 30.80
« Etre privée de votre présence est un martyr qui n’est pas facile à confier. » Ce début de lettre d’Isabelle Bourbon-Parme, petite fille de Louis XV à sa belle-sœur, l’archiduchesse Marie-Christine prouve bien l’attachement particulier qui liait les deux femmes. Si la réalité d’une union saphique reste du domaine de la supposition, il est néanmoins certain, à la lecture de cette correspondance qu’elles entretenaient une relation empreinte de sentiments amoureux. Témoignage des plus intéressants, ce recueil de lettres et de petits billets, qui n’ont rien à envier aux courriels de notre siècle, révèlent un caractère, des sentiments et une intelligence hors du commun, tout en levant le voile sur certains secrets de la cour de Vienne.
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Jean-Marie Blas de Roblès : «Là où les tigres sont chez eux» ; Ed. Zulma, SFr. 49.30
Prix Médicis 2008, ce livre, fruit de dix ans de travail, est un roman d’une formidable érudition mise au service d’un merveilleux sens de la narration.
Correspondant de presse à Alcântara, dans le Nordeste brésilien, Eléazard von Wogau reçoit un jour la biographie inédite d’Athanase Kircher, un célèbre jésuite de l’époque baroque. Fasciné par ce qu’il découvre, il se lance dans une sorte d’enquête qui va avoir bien des incidences sur sa vie privée, tout en faisant écho aux vies d’autres personnages : Eliane, son ex-femme, archéologue s’aventurant dans la jungle amazonienne à la recherche de fossiles, Moema, leur fille, étudiante perdue dont le seul repère semble être les drogues, Nelson, jeune infirme vivant dans une favela, et bien d’autres encore.
Fresque fabuleuse, ce roman se décompose en plusieurs histoires qui donnent au récit un rythme assez soutenu. A ne manquer sous aucun prétexte !
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Timothy Findley : «Passagers clandestins» ; Actes sud, SFr. 48.10
Cette fable néo-fantastique, publiée en 1984 et enfin traduite en français, est la réécriture de deux mythes fameux de la Genèse. On y trouve Noé, en patriarche tyrannique et cruel. On y trouve son épouse en sympathique femme rebelle, fantasque et alcoolique. On y trouve toutes sortes de créatures, animaux doués de parole, fées, anges, démons…
Avec tout le talent qu’on lui connait, Timothy Findley, soucieux de la biodiversité avant l’heure, nous offre là une satire bien moderne en pourfendant allégrement des croyances multimillénaires. Une pure petite merveille !
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José Carlos Somoza : «La théorie des cordes» ; Actes Sud, Sfr. 23.80
Somoza nous avait habitués à des romans qui fouillaient les sombres tréfonds de l’âme humaine et de la société.. Avec ce roman il continue dans cette veine, mais à l’extrême ! La théorie des cordes est un « thriller » qu’il est bon de lire avec toutes les lampes allumées et en bonne compagnie. En effet, on plonge dans le cauchemar d’un groupe de chercheurs en physique quantique qui en 2015 subissent les effets morbides d’une expérience secrète menée dix ans auparavant et le résultat fait froid dans le dos !
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Charles Lewinsky : «Melnitz» ; Grasset, SFr. 48.00
Véritable événement dans la littérature Suisse, "Melnitz" parle d’une réalité historique méconnue, celle des communautés juives en Helvétie. Cinq générations se succèdent de 1870 à l’aube de la seconde guerre, pour nous conter les travers de la vie et de l’Histoire dans un petit coin d’Engadine puis à Zürich.
Magnifique fresque de la culture « Yiddish », on entre dans ce livre avec une aisance et un plaisir immédiat et l’on ne le lâche plus tant le regard que porte l’écrivain sur ses personnages et leurs parcours est sensible et intense.
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Senel Paz : «Sous une ciel de diamants» : Actes Sud, SFr. 46.50
L’histoire se termine par la fameuse scène du film (qui fut d’abord un livre) « Fraise et Chocolat » où David, jeune militant endoctriné, et Diego, éphèbe déluré se rencontre chez un glacier à la Havane. « Sous un ciel de diamant » décrit la vie de David avant cette rencontre, de son enfance à la campagne jusqu’à sa vie de boursier à Cuba. Ecrit en forme de duo, chaque chapitre étant raconté en alternance par David et Arnaldo, un ami (réel ou imaginaire ?) d’enfance de ce dernier, le récit, haut en couleur, entre rêve et réalité, ironie et tendresse, nous plonge dans l’éducation sentimental d’une génération qui parvient à frôler le bonheur dans le Cuba austère des pères de la révolution.

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Louis-Georges Tin : «L'invention de la culture hétérosexuelle» ; Ed. Autrement, SFr. 40.90
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Daniel Handler : «L'amour adverbe, épreuves non-corrigées» ; Galaade éditions, Frs. 48.10
L’amour adverbe est un roman sur l’amour sous toutes ces facettes, qu’il soit gay, hétéro, obsessionnel, réciproque ou non. Avec un humour particulièrement bien décalé et décapant, l’auteur nous plonge dans la vie amoureuse de personnages aussi divers que variés que les situations parfois rocambolesques dans lesquelles ils se trouvent. Ecrit avec intelligence et brio, ce roman constitue une excellente surprise !

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Véronique Bergen : «Fleuve de cendres» ; Denoël, Frs. 40.50
Trois destins liés par les mots, le souvenir, la passion entre deux femmes, l’histoire de la barbarie du XXe siècle.
D’abord Ossip suicidé après avoir survécu aux camps de concentration et dont on retrouve des mystérieux manuscrits. Sa petite-nièce qui tient un journal, clé de ses peurs et de ses emportements. Et finalement son amante, la narratrice, qui tente de déchiffrer tous ces mondes souterrains. Le style est pur et brûlant à la fois, et l’on savoure ce petit joyau comme un poème en prose d’un lyrisme et d’une intensité époustouflante.

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Eve Kosofsky Sedgwick : «Epistémologie du placard» ; Editions Amsterdam, Frs. 43.40
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Laurent Nunez : «Les récidivistes» ; Champ-vallon, Frs. 47.50
Avec son premier roman d’une maturité littéraire absolument étonnante, Laurent Nunez, agé de 30 ans, s’impose d’emblée comme un écrivain à suivre ! Sur le mode de l’hommage littéraire, il a choisit quatre portes-voix pour se raconter : au travers de Quignard, Duras, Genet et Proust il parle de son entrée en écriture, de ses amours gays, et de la vie en général. Très loin du simple pastiche, il explore ces différents univers avec une virtuosité et une érudition qui le font, assurément, sortir du lot de cette rentrée littéraire !
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Fréderic Chouraki : «Ginsberg et moi» ; Seuil, Frs. 34.80
Simon Glücksmann écrivaillon raté rêve de gloire littéraire. Narcissique, angoissé, despotique, il est tiraillé entre sa mission de prédicateur à la synagogue et ses fructueuses virées nocturne dans le Marais. Pourtant, alors qu’un énième vide existentielle le transperce, sa vie va basculer à la faveur d’une rencontre improbable, celle du mythique poète de la Beat Generation : Allen Ginsberg. Octogénaire et passablement déchu, ce dernier va totalement bousculer la vie de Simon et celle de leur communauté.
Si l’auteur a de la peine à éviter les perpétuels clichés du juif et du gay parisien, on le lui pardonne volontiers, grâce à sa plume mordante, un sens de la repartie acéré et un copieux second degré.
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Pat Califa : «Sexe et utopie» ; La Musardine, Frs. 28.70
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Quintia & Quarello : «Titiritesse» ; OQO éditions, Frs. 24.90
« Elles échangèrent un baiser sucré comme le miel…puis un autre, et un autre…tant de baisers, qu’elles ne changèrent plus de rêves. » Une excellente initiative que la parution de cet album pour enfants qui raconte une belle histoire d’amour entre deux princesses ! Beaucoup de poésie, d’humour et d’originalité, tant dans le texte que dans l’illustration, pour raconter royaumes étranges et personnages loufoques et aussi faire rêver au travers de scènes d’un romantisme absolu, même les adultes ! A partir de 4-5 ans.
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Abha Dawesar : «Babyji» ; 10/18, Frs. 19.00
La vie de Babyji, adolescente intelligente et ambitieuse, aurait dû prendre un chemin plutôt classique. Elevée à New Delhi au sein d’une famille de classe moyenne, elle est promise à de brillantes études, au mariage et aux enfants. Cependant, dès ses premiers émois, elle affiche, sans trop de complexe, un amour inconditionnel pour les femmes et compte bien ne pas s’en tenir à la monogamie ! Un livre rafraîchissant où l’on découvre la face cachée d’une Inde tour à tour sensuelle et pudique.
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Judith Katzir : « Chère Anne » ; Ed. Joelle Losfeld, Frs. 45.90
Judith : « Chère Anne » ; Ed. Joelle Losfeld, 2008
Une jeune adolescente tombe amoureuse de sa professeure qui, ô comble de bonheur, et comme cela n’arrive malheureusement que dans les livres, lui renvoie durablement son amour. Sous forme de journal intime, la jeune fille nous livre l’histoire de cette rencontre inattendue ainsi que toute la palette des soucis propre à son âge. Bien que passablement touchant, Le sujet, et le style plutôt simple, en font un livre à recommander principalement à toutes les adolescentes qui s’interrogent sur le sujet.
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Sylvia Beach : « Shakespeare and Company » ; Mercure de France, Frs. 45.90
Dans cette ouvrage, Sylvia Beach, compagne d’Adrienne Monnier, nous livre le récit de ses années parisiennes. Bibliothécaire, libraire et éditrice (elle fut la courageuse éditrice de « Ulysse » de James Joyce), elle tint, dans les années 1920, la librairie « Shakespeare and Company » qui devint vite un haut lieu de la littérature anglophone. Description d’un milieu et d’une époque fascinante, on regrettera néanmoins que ces mémoires ne se résument qu’à une série d’anecdotes sur des écrivains aujourd’hui célèbres.

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Naomi Alderman : « La désobéissance » ; Ed. de l?Olivier, Frs. 42.50
Le sujet : l’homosexualité féminine dans le milieu juif orthodoxe. S’appuyant sur sa connaissance d’un environnement dans lequel elle a grandi, l’auteure raconte avec humour et subtilité l’histoire de Ronit, jeune femme juive moderne et émancipée, vivant à New York, qui, à la mort de son père, le Rabbin d’une petite communauté anglaise, se retrouve à la fois confrontée à ses vieux démons et à son ancienne amante. Malgré une écriture pas constamment maîtrisée – changements de style trop fréquents et pas toujours pertinents – ce roman est tout aussi captivant qu’instructif.
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Annemarie Schwarzenbach : « Lettres à Claude Bourdet 1931-1938 » ; Zoé, Frs. 33.00
A l’occasion du centenaire de la naissance d’ A-M. Schwarzenbach, deux nouvelles parutions qui continuent d’éclairer le destin de cette écrivaine, photographe et grande voyageuse Suisse. Les lettres au journaliste résistant Claude Bourdet reflète toute l’agitation politique de l’Europe à l’aube de la seconde guerre ainsi que l’évolution et les préoccupations d’Annemarie juste avant son voyage en Afghanistan. Quant au livre « Les quarante colonnes du souvenir » (Esperluète, Frs. 36.60), il fait écho de façon plus poétique et sensible à la voie cruelle d’Ella Maillart avec qui elle partagea son voyage Genève-Kaboul. Bilingue français-allemand et photographies de l’auteure.
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Emmanuelle Retaillaud-Bajac : « Mireille Havet : L?enfant terrible » ; Grasset, Frs. 43.50
Cette biographie rend hommage à Mireille Havet, femme écrivain, née en 1898, qui côtoya Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau, René Crevel, Colette et tant d’autres, mais dont le destin tragique semble l’avoir vouée à être oubliée. Vivant une homosexualité sans concession, elle se perdit dans les affres de la drogue pour mourir, seule et abandonnée de tous, à seulement trente-trois ans. Quoique qu’écrit sur un mode un peu classique, ce livre nous offre le portrait d’une femme intelligente et pleine de talent qui vécut peut-être trop librement, trop intensément. A lire aussi son journal dont le deuxième tome est paru récemment aux éditions Claire Paulhan.
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Jeanette Winterson : "Garder la flamme" ; 10/18, Frs. 15.50
L’auteure qui s’est fait connaître par son autobiographie « Les oranges ne sont pas les seuls fruits » dans laquelle elle livrait sa vie dans l’Amérique profonde et la découverte de son homosexualité, nous livre ici une fable envoûtante et magique, histoire à tiroirs où se tutoie drames, solitudes, et surtout beaucoup d’amour et de passion pour la vie. L’Ecosse, ses histoires de marins et de phares, se révèle idéal pour nous faire naviguer loin dans l’enchantement !

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Alon Hilu : "La mort du moine" ; Seuil, Frs. 46.50
Imaginé à partir d’un faits divers, l’auteur revisite librement une sombre histoire, connu sous le nom de « l’affaire de Damas ». En 1840, Aslan, jeune homosexuel juif déclenche malgré lui une série de malheurs qui vont ébranler l’ensemble des communautés religieuses de la ville. L’on se délecte de ce souffle trépidant venu d’orient, de ses personnages bigarrés, de ses ambiances de bas-fonds ou de palais, et surtout de l’excellente plume de l’écrivain !
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Pierre Borhan : "Hommes pour hommes, homoérotisme et homosexualité masculine dans l'histoire de la photographie"; Ed. Deux Terres, Frs. 128,70
Un ouvrage inédit d'une qualité remarquable regroupant près de 350 oeuvres dont beaucoup sont restés jusqu'à présent dans le placard. Les photographies présentées chronologiquement permettent de parcourir les mutations autant esthétiques que moral au fil de 250 ans, mêlant différents genres, tel que le portrait, la mise en scène pudique ou le nu pornographique.
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Elisabeth Roudinesco : "La part obscure de nous même : une histoire des pervers"; Albin Michel, Frs. 37.00
Il n'est guère plus nécessaire de présenter Elisabeth Roudinesco, célèbre historienne et psychanalyste qui prit publiquement position en faveur des droits des couples homosexuels à adopter des enfants. Dans son dernier ouvrage, elle retrace l'histoire de la perversion en mêlant à une analyse de la notion de perversion non seulement des portraits de pervers et un exposé des grandes perversions sexuelles, mais aussi une critique des théories et pratiques qui ont été élaborées pour penser la perversion et désigner les pervers. Sont abordés l'époque médiévale, avec Gilles de Rais, les saintes mystiques, les flagellants ; le XVIIIe siècle, autour de la vie du marquis de Sade ; le XIXe siècle, celui de la médecine mentale, avec sa description des perversions sexuelles et sa hantise de l'enfant masturbateur, de l'homosexuel et de la femme hystérique; le nazisme au XXe siècle ; et les types complémentaires du pédophile et du terroriste aujourd'hui.
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Daniel Arsand : "Des amants"; Stock, Frs. 31.20
"Des amants" raconte la passion de deux hommes au XVIIIe siècle, à un moment où, selon Michel Foucault, l'amitié masculine qui jusqu'à là pouvait prendre une forme charnelle sans encourir de jugement, devient un "problème social, politique, médical". A travers cette histoire, pleine d'amour et d'humanité, l'auteur dénonce l'intolérance de la société, d'hier et d'aujourd'hui.
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Laud Humphreys : "Le commerce des pissotières"; Editions la Découverte, Frs. 40.70
Cette étude, est devenue, après bien des déboires, un document historique important sur un aspect particulier des pratiques homosexuelles d'avant la libération des moeurs. L'auteur, ancien pasteur, s'est immiscé durant deux ans dans l'intimité des toilettes publiques d'une petite ville du Middle West. En restant guetteur anonyme, il a pu observer quelles en étaient les pratiques, les règles, les risques encourus, et définir quelles catégories d'hommes les fréquentaient.
Complété par une centaine d'entretiens, les observations sont claires et vont droit au but. En évitant des considérations trop académiques, l'auteur dévoile simplement qu'en marge d'une norme hétérosexuelle et puritaine, ces espaces publics ont été les lieux privilégiés, où des désirs alors tabou pouvaient se vivre.
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Monique Truong : "Le livre du sel"; Rivages, Frs. 19.70
L'histoire commence sur un quai de gare parisien, où l'on voit Gertrude Stein et Alice B. Toklas en partance pour un voyage dans leur contrée natale, les Etats-Unis. Nous sommes dans les années trente. Pourtant, contrairement à ce que laisse présager cette entrée en matière, ce roman ne raconte pas le voyage de la fameuse écrivaine et de sa compagne. En réalité, il s'agit de l'histoire de Binh, cuisinier vietnamien, mélancolique et silencieux, au service de Getrude Stein et Alice B. Toklas. Au travers de sa narration, il nous plonge dans son passé, dans une Saigon colonialisée qu'il a dû fuir, nous parle de sa passion pour Latimore, jeune homme de haut rang, hâte d'un soir de ses " Madames ", et nous livre quelques secrets sur la vie intime de ces dernières. Elégant, plein d'émoi et de sensualité, " Le Livre du Sel " nous plonge dans le drame silencieux d'une vie "minuscule" à la recherche des lumières et des saveurs perdues.

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